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Ciclo François Truffaut – « Ao Sol da Nouvelle Vague »

Du 2 au 15 juillet 2026

François Truffaut à l’honneur dans une rétrospective presque intégrale au Cinema Nimas à partir du 2 juillet

Malgré l’importance fondamentale de François Truffaut, figure centrale de la Nouvelle Vague et influence décisive sur le cinéma moderne, ses films ont été relativement peu visibles ces dernières années. Aujourd’hui, enfin restaurés, ils retrouvent le grand écran.

François Truffaut (1932-1984) appartient au noyau fondateur de la Nouvelle Vague, aux côtés de Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Jacques Rivette et Éric Rohmer. Cette génération de cinéphiles est passée de la critique de cinéma et des ciné-clubs à la réalisation, sans passer par une école de cinéma. Truffaut lui-même, alors qu’il était encore mineur, avait fondé un ciné-club au nom évocateur : le « Cercle Cinémane ». Au début des années 1980, grâce au grand succès du Dernier Métro, il fut même considéré comme un « cinéaste populaire », à l’image de plusieurs des réalisateurs qu’il admirait le plus : Charlie Chaplin, Jean Renoir, Alfred Hitchcock ou Ernst Lubitsch. Pourtant, malgré son rôle majeur dans l’histoire du cinéma et l’immense affection que lui portaient ses contemporains, ses films, à quelques exceptions près, ont été peu projetés en salles depuis que la Cinémathèque portugaise leur avait consacré une rétrospective il y a une vingtaine d’années, sans doute en raison de questions liées aux droits de diffusion.

Aujourd’hui restaurés, ils peuvent enfin être redécouverts dans le cadre d’une rétrospective presque complète – seuls Fahrenheit 451 (1966) et La Nuit américaine (1973) n’y figurent pas, pour le moment. Pour une nouvelle génération de spectateurs, cette programmation constitue une occasion exceptionnelle de découvrir son œuvre sur grand écran.

En exergue de son livre Les Films de ma vie, Truffaut avait choisi cette phrase d’Orson Welles : « Je crois qu’une œuvre est bonne dans la mesure où elle exprime l’homme qui l’a créée. » Les films de Truffaut – pour qui le cinéma était la vie même, celui par lequel il s’est perdu autant que celui par lequel il s’est sauvé – expriment toute la complexité de son auteur : ses contradictions, ses enthousiasmes comme ses peurs.

Dans un récent numéro spécial que les Cahiers du cinéma lui ont consacré – la revue où il fut critique sous la protection d’André Bazin, son mentor, qui joua auprès de ce jeune homme issu d’un milieu familial difficile et longtemps marginal le rôle d’une véritable figure paternelle –, les auteurs rappellent que « ses films continuent de nous émouvoir et de nous stimuler, près de quarante ans après sa disparition prématurée. […] Imparfaite, multiple, ludique et parfois tragique, son œuvre n’a rien d’un monument. Au contraire, chaque nouvelle vision révèle son impureté, son inventivité et son caractère profondément paradoxal. C’est une œuvre vivante […] unique dans sa diversité, dont l’interprétation n’a cessé d’évoluer au fil des époques. »

Comme toute forme artistique, l’histoire du cinéma est en perpétuelle réécriture. Si, dans les années qui ont suivi sa mort, après le succès de certains de ses films les plus populaires, les Cahiers du cinéma et d’autres critiques ont réhabilité ses œuvres les plus secrètes et les plus passionnelles, traversées de courants souterrains, c’est aujourd’hui, quarante ans plus tard, une autre image de Truffaut qui se dessine peu à peu : un Truffaut plus lumineux, celui de Tirez sur le pianiste (1960), Baisers volés (1968) ou L’Argent de poche (1976). Le moment est venu de redécouvrir son œuvre et de lui offrir de nouvelles lectures.