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3 questions à Didier Fiúza Faustino

Interview
©Corinne Mariaud

 

EXIST/RESIST est la première exposition institutionnelle qui passe en revue près de trente ans de pratique de Didier Fiúza Faustino (né en 1968), artiste franco-portugais dont le travail a constamment provoqué et transgressé les démarcations formelles et conceptuelles entre architecture, design et art.

Cette exposition rétrospective est accompagnée d’un livre, « Architecture pour corps fragiles », édité par Lars Müller Publishers et par un cycle de rencontres réunissant artistes et philosophes complices dans son aventure artistique.

Nous avons posé trois questions à Didier Fiúza Faustino :

 

Pouvez-vous revenir rapidement sur votre parcours et le sens de cette rétrospective, en plein milieu de votre carrière à Lisbonne capitale du Portugal natal de vos parents ?

Dès la fin de mes études d’architecture, j’ai développé un travail hybride, fait d’objets, d’installations, de vidéos et de performances. Mon premier bâtiment, une plate-forme multifonctionnelle itinérante conçue pour l’exposition suisse Expo 02 (2002, région des Trois Lacs), sortait lui-même du champ classique de l’architecture. J’envisage ma pratique comme une exploration où mes incursions dans telle ou telle discipline se font pour répondre au défi de chercher de nouvelles pratiques du corps et de l’espace, loin de la normativité imposée. Faire une exposition au Maat, musée d’Art, Architecture et Technologie, prend ainsi tout son sens. Concernant la dimension rétrospective, je préfère dire que j’ai envisagé cette exposition plutôt comme un acte prospectif. La galerie ovale regroupe en effet un ensemble d’œuvres allant de 1995 à 2021 ; cependant, ces œuvres sont comme autant d’étapes de mon exploration qui continue et dont les nouveaux contours prennent forme dans la deuxième salle avec l’ensemble des structures et le néon, aux titres complémentaires : Too Late for Tomorrow et Too L… for Tomorrow.

 

Vos œuvres se situent entre différentes disciplines : l’art, l’architecture et le design, la performance et dans la conception de vos expositions vous vous entourez souvent de philosophes, musiciens, écrivains.  Pourquoi est-ce nécessaire pour vous cette pluralité de modes d’expression et de collaborations ?

J’essaie d’avoir toujours une réflexion ouverte, dans le dialogue et l’échange. En collaborant avec des auteurs dans d’autres disciplines, il y a un enrichissement qui n’existe pas autrement. Enfin, se soumettre au regard des autres, y compris dans le processus de création, permet de questionner sa pratique et d’aller plus loin.

 

Depuis quatre ans, vous vous partagez entre Paris et Lisbonne où vous avez ouvert un studio à Alcântara, dans un quartier qui demeure encore très populaire. Votre intention est celle de développer davantage des projets en lien avec ce quartier ? Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Une vraie vie de quartier et de voisinage existe dans cette partie d’Alcântara, avec des personnes âgées, des familles modestes. Tout le monde se connaît et s’entraide. C’est important pour moi de contribuer à cela. L’agence de Lisbonne a la chance d’avoir un grand jardin, bordé par un mur de 40 m de long. J’aimerais que ce mur soit un espace d’expression. La mairie de Lisbonne a un ambitieux programme de street art avec es artistes locaux ; j’imagine un cycle d’interventions en lien avec les habitants du quartier. Par ailleurs, une fois le réaménagement du jardin terminé, nous y organiserons des rencontres et des moments festifs ouverts et partagés. Pour l’instant, le jardin est en chantier, mais il reste un vieux figuier qui fait des fruits magnifiques que les grands-mères du quartier viennent cueillir à point !

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